Ny filoha

Mercredi 2 septembre 2026
Cérémonie de présentation des Actes du Colloque international tenu à l’ENS, UA, sur le thème Anthropologie et enseignement à l’heure de la mondialisation.
Mercredi 2 septembre 2026 à 11h, Petit Amphi ENS
Fandraisam-pitenenana natao tamin’ny teny frantsay araka ny fangatahan’ny mpikarakara,
Dr Théis Rasoloarivony


Contrairement à bien des collègues dans les universités de Madagascar, contrairement à tous ceux qui se réveillent après une longue léthargie liée à une situation sociopolitique pour le moins défavorable à l’éducation et à la recherche,
Vous à l’ENS de l’UA avez toujours tenu bon, vous n’avez eu de cesse d’organiser des colloques, et chaque colloque a été suivi de la publication des actes.
C’est une véritable gageure à tout point de vue. Pour travailler sans être payé, pour trouver des collègues qui veulent bien travailler sans être payés, pour chercher des partenariats, pour trouver le temps de travailler à l’organisation d’un colloque, il faut énormément de persévérance et une volonté sans faille.

FA TSY MISY MAFY TSY LAITRAN’NY ZOTO HONO.

Vous ne reculez devant rien, ce qui n’est pas très courant par les temps qui courent. On est la plupart du temps prudent, trop prudent, on n’ose pas trop, je ne sais ce que vous les anthropologues en pensez. Cela pourrait bien devenir un thème de recherche en anthropologie.
Permettez-moi de vous adresser mes plus vives félicitations pour tant d’abnégation, tant de bienveillance et tant de compétence !

Merci à vous, et merci pour les étudiants et les collègues enseignants-chercheurs.
Merci de leur donner l’occasion de lire, de réfléchir, d’écrire, d’échanger.
J’en viens à la préparation d’une communication. Je voudrais attirer l’attention sur deux points:

D’abord, la nécessité de s’intéresser aux autres, aux affaires nationales et internationales. Il est quelque peu effarant de constater que certains universitaires ne soient pas informés d’évènements ou de faits de notoriété publique, que leur source d’informations se limite à Facebook. Un enseignant-chercheur, un étudiant chercheur est un citoyen, mais un citoyen engagé car la tâche de former, d’éduquer les futures élites d’un pays est à la fois noble et contraignante.
Pour trouver un sujet de recherche adapté à la dimension d’une communication, il faut avoir des idées, et elles ne tombent pas du ciel. Elles sont le fruit de réflexions sur la vie quotidienne, nationale, régionale africaine et internationale, elles sont le fruit d’échanges au quotidien mais aussi par le biais de participation à des conférences et autres débats.
Il faudrait par exemple qu’au moins tous les enseignants-chercheurs, tout comme la classe politique, soient au fait des 17 ODD auxquels l’Etat malgache a souscrit à l’instar des autres Etats Membres des Nations Unies. Nous sommes en 2026, dans 4 ans on sera en 2030. Où en est Madagascar avec l’atteinte de ces ODD ?
Préparer une communication, c’est aussi et peut-être surtout faire en sorte de connaître les travaux menés par d’autres, ici et ailleurs. Lire, beaucoup lire, consulter Internet, chercher dans les bibliothèques, être curieux, être conscient qu’on n’est pas le premier ou la première à s’intéresser à tel ou tel objet et donc être modeste et humble devant le savoir, c’est cela faire de la recherche.
Accessoirement, on peut mettre une toge pour marquer son statut social d’universitaire, pour se démarquer des autres citoyens, mais de mon point de vue c’est loin d’être important.

J’étais à Fianarantsoa récemment, pour participer aux Journées annuelles du Collectif des Professeurs Titulaires et Professeurs des Universités de Madagascar qui s’y sont tenus du 17 au 19 août 2026.
Là aussi, ce fut un véritable défi d’organiser un tel évènement en dehors de la capitale, sans prise en charge du déplacement des participants des autres universités, y compris des universités éloignées telles que les universités d’Antsiranana et de Mahajanga.
J’y étais en tant que membre du Comité scientifique du Colloque. J’ai évalué 17 propositions de communication, ce qui prend beaucoup de temps et de travail intellectuel.

Mais ce sur quoi je voudrais attirer l’attention est le thème de ces Journées :
La multidisciplinarité et l’honnêteté scientifique au service de la Science et du Développement durable et inclusif.
Pour qu’on en vienne à faire de l’honnêteté scientifique le thème d’une telle rencontre des enseignants-chercheurs les plus gradés de nos universités, c’est qu’il y a malhonnêteté.

Le MESUPRES avait dénombré 212 cas suspects d’obtention du doctorat et du HDR, ainsi que les journaux l’ont rapporté en janvier 2026.
La situation est grave. Je sais bien que pour beaucoup de gens, tout est "tsy maninona".

Du reste, peut-être le thème du prochain colloque que vous organiserez tiendra-t-il compte d’un tel état de fait, je crois que l’anthropologie est concernée.

Un dernier mot concernant les thèmes possibles d’un colloque : en ce moment où les famadihana sont nombreux, je propose une fois de plus d’approcher la question des vols de sépultures, un phénomène qui date, d’après les données officielles, de 1989.
Avant de terminer, pour ceux qui ne le savent pas, l’Académie Malgache, qui va célébrer son 125e anniversaire en 2027, est une plateforme permanente pour présenter des communications et échanger. On peut à tout moment proposer une communication. L’évaluation de la communication est effectuée par les bureaux de sections. Il y a 4 sections :

-la Section Sciences de l’art et du langage,
-la Section Sciences morales et politiques,
-la Section Sciences fondamentales et
-la Section Sciences appliquées.

Toutes les séances de l’Académie sont ouvertes au public, et les langues qu’on peut y utiliser sont le malgache, le français et l’anglais.
Vous êtes tous invités à assister aux séances de l’Académie, à consulter son site Web, et à proposer des communications.

Encore toutes mes félicitations à l’équipe qui a organisé le Colloque sur le thème Anthropologie et enseignement à l’ère de la mondialisation les 2 et 3 septembre 2025.
Mes plus vives félicitations pour la publication des Actes de ce colloque !


Et encore merci !